aux mots doux
aux mots douxÔ ma pauvre mère…
Quand déposeras-tu ces années,
Quand oublieras-tu ce passé
Qui n’existe plus parmi nous ?
Cesse de laisser tes larmes
Rouler sur tes joues fatiguées,
Cesse de chercher dans les ombres
Un fils que la guerre t’a volé.
Quand verras-tu mes yeux,
Et non cet esprit invisible ?
Quand sentiras-tu ma présence,
Et non son absence infinie ?
Tu caresses ces albums
Comme on caresse une plaie,
Les pages tremblent dans tes mains
Chargées de fantômes et de cris.
Nous étions nombreux,
Mais ton regard se perd
Sur celui qui n’est plus.
Maman… accepte cette fin.
Regarde-moi, je t’en prie,
Prends-moi dans tes bras.
Mais referme ce livre,
Ferme cette prison de papier,
Car à force de revivre
Ce tourment sans fin,
Tu m’oublies, moi, ta fille,
Qui vis encore
Dans ton silence.
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