aux mots doux
aux mots douxJe crois avoir connu
ce qui n’aurait jamais dû m’atteindre.
J’ai désiré trop tôt
ce qui n’était pas fait pour moi.
On m’a touchée
là où j’aurais dû être protégée,
là où l’innocence
aurait dû rester intacte.
Mes mots, délicats,
ont été salis,
regardés de travers,
rejetés.
J’ai vu
ce qui n’aurait jamais dû être montré.
Les limites se sont effacées,
le permis a glissé,
l’interdit est devenu habitude.
Et l’interdit
s’est nourri d’adultes inassouvis,
de silences trop lourds,
de regards qui savaient.
Je n’ai compris que plus tard.
Le jour où j’ai tenu ma petite dans mes bras,
le jour où j’ai su,
sans doute possible,
ce qu’un enfant
ne doit jamais porter.
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