aux mots doux
aux mots douxFamille en carton, j’ai grandi dans vos plis,
Des sourires collés, des vérités qui fuient.
On jouait au bonheur comme on joue au décor,
Mais tout sonnait creux derrière vos jolis accords.
Famille en carton, vous teniez sous la pluie,
À coups de silence, à coups de “c’est la vie”.
Rien ne s’attachait, tout glissait sur les mots,
Comme si l’amour avait un fond en faux.
J’ai porté vos fissures, vos masques, vos saisons,
J’ai voulu réparer vos murs en guérison.
Mais ce qui n’aime pas ne se recolle jamais —
On ne réchauffe pas un cœur en papier.
Alors j’ai coupé les bords, j’ai repris le crayon,
J’ai dessiné ma route, loin de la déraison.
Famille en carton, je vous laisse au passé :
Moi, je construis du vrai, du solide, du sacré.
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